Daniel Bernard, écrivain conférencier

« Donnez-moi l’océan

tout en bas du rivage

 

Donnez-moi un trois-mâts

une goélette blanche

 

Donnez-moi des marins

les deux mains sur les hanches

 

Donnez-moi un pays

je vous fait un voyage. »

 

 

La couleur des mots

Bien avant de voyager j’ai aimé lire, pour le silence que l’on s’impose et la couleur des mots.
Plus tard, quand d’improbables récits picaresques m’incitèrent à écrire, je me suis demandé ce que je faisais là, parmi les livres et les romans, tout en me félicitant de leur appartenir.

Les mots brûlaient d’impatience. D’instinct, je savais qu’ils choisissent toujours dans l’urgence l’auteur qui leur est nécessaire. Au contraire des livres, qui eux attendent le plus souvent dans le silence d’un rayonnement, le lecteur qui leur convient.

Je préférais donc l’intempérance à l’exaltation théâtrale des premières poésies. Je ne voulais rien écrire de déterminé. Il demeurait en moi quelque chose d’effiloché. Dans l’inabouti, j’étais incomparable.
Ce qui est écrit l’est souvent par les hommes, tout le reste, toutes les choses de la vie, sont dites par les femmes.

Moi, qui fut élevé dans l’arrière-cuisine d’une auberge du bord de mer; autant bercé par la houle de l’Océan que par les cris des poissonnières aux fourneaux; autant par les odeurs chaudes de confiture et de tartes aux prunes que par les chants des lavandières et des repasseuses, je sais comme Carole Martinez:

« Les choses sacrées qui se murmurent dans l’ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans les odeurs d’épices, là où magie et recettes se cotoîent. L’art culinaire des femmes regorgent de mystères et de poésies ».

Il en va ainsi des mots d’écrivaines comme des murmures, des balbutiements fredonnés devant la braise des cheminées. Oui, tout ce qui est dit, transmis, chuchoté; tout ce qui n’est pas écrit est féminin. Beaucoup de la magie de ces femmes est passé dans mes mots.

C’est après une pluie d’orage qu’il faut voir Venise disait Whistler, qui, après Turner, peignit la lumière. C’est ainsi qu’il faut découvrir mon Poitou-Charente natal, qu’il faut aborder l’Ile de Ré et sa légendaire luminosité.

Petit, je suivais sur les chemins de l’île, les peintres Chapelain-Midy, Louis Suire et bien d’autres. C’est à leur contact, au plus profond de mes racines, que j’ai compris que je voulais écrire, mettre de la couleur sur les mots et faire comme eux, une activité de silence.

Dernière parution

Autre parutions

La route de l’or bleu

Edition : La Découvrance

Ce livre qui connaît déjà un franc succès raconte l’épopée de l’or bleu toulousain. Le destin tragique du pastel est au coeur du récit. Daniel Bernard esquisse, pour nous, les contours de cette couleur oubliée de l’Histoire et dont la portée romanesque est toujours présente six siècles plus tard.

Louis Suire

La Tencin, La scandaleuse baronne du siècle des Luières

Comment c’était avant, l’Île de Ré

Sonate pour le saxo d’Octave