Daniel Bernard Ile de Ré

Les Magayantes, livre de Daniel Bernard

Les Magayantes

Edition: L’Harmattan

Ce roman raconte l’histoire de ces paysannes insoumises, sur fond de misère, de guerre et de révolte. C’est l’histoire aussi de toutes ces femmes, bourgeoises, manantes, filles du ciel ou filles de joie qui, avec les Magayantes, ont jalonné l’histoire de cette île et embrasé leur époque, afin que l’on puisse, aujourd’hui, saisir un peu de leur lumière.

ISBN: 978-2-296-05744-9

Date de parution: juin 2008

144 pages

Les paysannes de l’île de Ré que l’on appelle Magayantes, rompues au travail des champs le jour, s’attèlent le soir, à celui du ramassage du varech.
Dans le livre, la Magayante est de toutes les époques. Elle n’a pas d’âge. À chaque apparition, elle dit qu’elle a trente ans. On la rencontre au siècle d’Eudes et d’Aliénor d’Aquitaine ; au temps de la Réforme où elle choisit Toiras et le roi de France contre l’envahisseur anglais ; à l’époque de Vauban où elle participe à la construction de la citadelle ; à celle plus récente de la grande aventure du varech, notre conquête de l’ouest. On la retrouve plus récemment dans la foule des curieux qui se pressent dans les allées du bois de la Barbette pour assister au départ des forçats pour Cayenne ou dans le personnage de Nolette, cette pêcheuse à pied qui parcourt l’estran à la rechercher de coquillages pour assurer sa subsistance.

« Dans le grand livre de l’Histoire, la notion de propriété tourne avec les pages et s’érode avec le temps. Posséder a toujours profondément marqué l’esprit des hommes, mais il n’y a pas de durée illimitée dans la possession, pas plus dans l’objet possédé que pour celui qui en jouit. Au bord du naufrage comme au moment de tout perdre, la possession du navire échappe ainsi à celui qui le possède.

L’océan est plus fort que tout, il a la force de l’univers. Dans une tempête, les mots ne disent plus la loi. La loi, c’est l’océan qui brûle et sur le rivage, l’estran a l’attrait du vide. Il est comme l’aimant qui attire la ferraille, la flèche d’un mât dressé dans le tumulte et qui, l’instant d’après tombe, annonçant la fin de l’histoire. L’océan a toujours été le lieu d’errance des âmes damnées, l’estran, celui des naufrageurs.

Dans les temps maudits de la Marine à voiles où l’absence d’instruments de navigation transformait le moindre coup de vent en enfer, les naufrages représentaient pour les habitants du bord de mer la manne céleste apportée par la mer. Les échouages successifs de navires ne se vivaient pas comme une simple répétition de catastrophes.

Il y avait chez les pilleurs d’épaves comme une attente saisonnière. Les bateaux en perdition étaient à l’hiver, ce que les moissons sont à l’été où les vendanges à l’automne. »