Daniel Bernard Ile de Ré

Le Bassin des chalutiers , l’Hermione, et les grands navires

Le Bassin des chalutiers a été creusé au milieu du XIXème siècle à l’extérieur des remparts de la ville de La Rochelle, la rampe d’échouage et le bassin à flot étaient devenus trop petits ou trop exigus. Dès 1862, le nouveau bassin est prêt pour accueillir les bâtiments de marine hauturiers qui venaient de Saint-Domingue, des Antilles ou du commerce avec l’Afrique.

Les flottilles de navires de pêche à la morue au large de Terre-Neuve occupent dorénavant le havre, tandis que les « couroleurs » de la pêche artisanale et côtière se regroupent dans le bassin intérieur. Le canal de Marans à La Rochelle est commandé par une écluse qui rejoint les douves du bastion Saint-Nicolas.

Le trafic fluvial est resté longtemps actif jusqu’à ce que le chemin de fer qui arrive à La Rochelle vienne concurrencer les barges et les gabarres d’eau douce qui distribuaient les marchandises et le poisson à toutes les campagnes autour de La Rochelle. Bientôt le canal de Marans n’est plus qu’un lieu de promenade et de flânerie pour la population rochelaise qui ne s’est pas encore convertie aux délices du farniente sur la plage.

Quelques deux décennies avant le conflit de la Grande Guerre, le Bassin des chalutiers de La Rochelle voit apparaitre les premiers bateaux de pêche à vapeur. Le monde change, se bouleversifie, la révolution industrielle est en marche.

La pêche au large, aussi. Naissent alors les armements, les pêcheries, les sociétés de pêche qui vendent directement aux mareyeurs et aux grossistes. La guerre de 39/45 voit les bateaux de pêches réquisitionnés par l’Armée Française, puis par les Allemands. Bon nombre d’entre eux vont se faire couler.

L'Hermione dans le Bassin des Chalutiers - © AIC

L’Hermione dans le Bassin des Chalutiers – © AIC

Après la guerre, les armateurs constatent que les fonds marins se sont reconstitués. La pêche industrielle croit avoir encore de beaux jours devant elle et rattrape les années perdues. Sur terre, la Chambre de commerce fait construire cinq hangars le long du quai du bassin extérieur, pour que les entreprises de mareyage soient directement à pied d’œuvre lors du débarquement du poisson des cales des chalutiers.

En 1950, la Chambre de commerce de La Rochelle décide de construire un encan au Bassin des chalutiers. Le bâtiment de la criée est monumental. À lui seul, il mesure 280 mètres de long. Le plus fort de la pêche, du trafic et de la transformation du poisson se situera vers les années 1965. Ensuite commencera véritablement une lente agonie jusqu’à ce que la criée soit transférée au nouveau port de Chef de baie près du port de La Pallice en octobre 1994.

Le Bassin des chalutiers est un moment déserté. Dans le bassin lui-même, des pontons sont installés. Des navires de plaisance à fort tirant d’eau peuvent y accéder. Le Musée maritime qui occupe l’extrémité de l’ancien encan va connaître dès lors, une seconde vie en 2013. Le quai Est devient le lieu des ateliers de services nautiques tandis que l’extrémité Nord du Bassin des chalutiers va être transformée en centre des congrès et verra naître l’Espace Encan.

Daniel Bernard sur le bassin des chalutiers - La Rochelle

Daniel Bernard – La Rochelle

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